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Vers une protection des survivants des Violences Sexuelles et Basées sur le Genre et des témoins

Des témoignages recueillis dans les provinces Cibitoke, Makamba et Muyinga confirment que des mécanismes d’encourager et accompagner ces survivants sont nécessaires, afin qu’ils aient le courage de s’engager dans la procédure judiciaire : un chantier engageant : police, administration, magistrature, communautés à la base, confessions religieuses, etc, chacun jouant un rôle important à son niveau.

« Les survivants des violences sexuelles et celles basées sur le genre (VSBG) deviennent de plus en plus nombreuses au Burundi ». Voilà ce qu’affirment un grand nombre d’observateurs alors qu’une autre opinion estime plutôt que « cette flambée » des chiffres est à imputer à la nouvelle disponibilité du public à dénoncer vivement les cas de violences. C’est justement cette propension à dénoncer qui était au centre des discussions entre les différents acteurs venus de la province de Makamba et qui sont impliqués à différents degrés dans la lutte contre les VSBG. Grâce à un Projet de lutte contre les VSBG conjointement mis en œuvre par les Ministères ayant le Genre et la Santé dans leurs attributions, une réflexion sur les mécanismes de protection des survivants des VSBG et des témoins est en train d’être menée. Et à juste titre ! La protection des victimes des VSBG et des témoins a été documenté comme étant un grand défi à surmonter tant au niveau des enquêtes préliminaires qu’à l’étape du procès proprement dit.

Juges des tribunaux de grande instance, Officiers du Ministère Public, juges des juridictions de base, responsables des Centres de Développement Familial et Communautaire, (CDFC), Officiers de Police Judiciaire, administratifs au niveau communal, cadres du Ministère ayant le Genre dans ses attributions, tous ont convergé sur l’urgente nécessité de renforcer ou créer les conditions de protections des survivants des VSBG et de leurs témoins, une fois le processus de plainte enclenchée.

Nécessité de protéger les survivants ? oui, et concrètement ?

Le gros des cas étant commis sur les femmes et les enfants, c’est sur cette catégorie que devrait porter une grande attention en matière de sensibilisation active aux fins de leur inculquer le courage et l’habitude de dénoncer les cas de VSBG.  Les hommes et femmes de droit présents à cette réflexion ont suggéré de revoir le code pénal burundais car actuellement, il ne prévoit que des sanctions contre les violences physiques. Quant à la communauté de base, elle devrait être éduquée pour se débarrasser de toute habitude de stigmatisation des survivants des VSBG. Et pour cause, le poids de la stigmatisation et de l’exclusion qui pèsent souvent sur les survivants des VSBG, sur leurs familles et leurs témoins sont de nature à inciter d’autres victimes à se retrancher dans leurs tour d’ivoire, où chagrin, traumatisme et blessures morales ne feront qu’achever leurs vies alors qu’il y avait moyen de la sauver.

Le « Certificat médico-légal » : véritable casse-tête pour les victimes

Il s’agit d’un document établi par un médecin agréé et qui confirme, pour des cas de viol par exemple, qu’il y a eu un acte sexuel récent ou pas. Le document, livré sous serment du médecin, confirme ou non des preuves visuelles, qu’il y a eu emploi de la force ou autres moyens de coercition. Ce document est produit à l’aide de tous les éléments relevés lors de l’examen clinique (interrogatoire et physique). Coûtant entre 12 et 20 000 BIF selon les hôpitaux, la plupart des survivants ne parviennent pas à s’en payer, ce qui, du coup, handicape le dossier judiciaire qui finit pour la plupart des cas dans les oubliettes de la justice.

Ainsi, les acteurs dans le domaine plaident pour la gratuité de ce document, qui, somme toutes, ne devrait pas détourner le chemin de la victime vers son rétablissement moral et matériel.  Les OPJ quant à eux ont soulevé une tout autre préoccupation : « nous souhaitons que soient modernisés les outils à notre disposition lors de la collecte des preuves des VSBG, y compris l’utilisation de l’ADN et la dotation de   ‘’ mallettes judiciaires’’ ».

Des « arrangements à l’amiable » : une entrave ?  

Il existe des cas de VSBG déclarés, mais qui finissent leur course sous un arbre à palabre, autour d’un pot. Un pot car l’auteur présumé de cette violence ne sera jamais inquiété : quelques liasses de FBU, brandis à la fois à un élu collinaire, pour « acheter » son silence, et surtout, pour jouer le commissionnaire auprès des parents ou proches de la victime. Et le tour est joué. «…. .laissez ma fille tranquille, elle n’a qu’à porter cet enfant (si elle tombe enceinte !), je l’ éduquerai parmi les autres », lance un chef de famille, en convainquant sa femme à l’ aide des billets leur « envoyés » par le violeur de leur fille d’ à peine l’ âge de collégien. Souvent, l’affaire se termine par le « mariage » entre le violeur et la victime.

Un répit pour bientôt ?

C’est tout l’espoir que nous a laissé cette synergie d’intervenants, qui désormais, du moins en province de Makamba, vont travailler main dans la main, en renforçant le partage d’informations. Une façon comme une autre, on espère, de résorber les suspicions et accusations qui fusaient entre eux lors d’un cas de VSBG déclarée. Cela sera matérialisé, selon un rapport de fin des travaux validé avant qu’ils ne séparent, par la mise en place d’une Coordination des acteurs au niveau communal et provincial, mais aussi à travers des rencontres et des réunions régulières qu’ils vont organiser.

Signalons que cet atelier a été organisé par le Projet d’Urgence relatif aux Violences Sexuelles et Basées sur Genre et la Santé des Femmes dans la région des Grands Lacs (PUVSBGSF_RGL). Il s’agit d’un projet conjointement coordonné par le Ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre et celui de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida. Sa mise en œuvre concerne aussi le Ministère de la Justice et celui de la Sécurité Publique et sa zone d’intervention couvre les provinces de Cibitoke, Makamba et Muyinga.

 Par Célestin HICUBURUNDI

Expert en Communication / PUVSBGSF_RGL

 

 

 

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